A propos des allégations de santé

Depuis 2006, la réglementation sur les compléments alimentaires est devenue plus stricte au niveau de la liste des composants autorisés dans le produit (d’où le retrait de certains produits le temps de changer la formule), de même qu’au niveau des propriétés que le fabriquant lui prête. Dès qu’il existe une prétention d’améliorer la santé, le fabriquant est tenu de s’appuyer sur des preuves validées.

Il peut s’agir d’allégations génériques qui s’appuient sur le rôle reconnu d’un nutriment ou d’une substance sur les fonctions de l’organisme. La commission européenne tient une liste des allégations de santé communément admises. Par exemple, le calcium contribue à améliorer la densité osseuse. Le produit doit répondre à des normes pour utiliser cette allégation.

Il peut s’agir d’allégations fondées sur des données scientifiques récemment établies. Les demandeurs doivent alors déposer une demande avec un dossier qui apporte des preuves structurées et suffisantes. Ce dossier doit ensuite être validé.

Les  allégations  qui  concernent  la réduction d’un risque de maladie, jusqu’alors interdites, sont aujourd’hui autorisées. Par exemple, il est accepté de dire que les oméga-3 contribuent à diminuer le risque de maladie cardio-vasculaire.

La direction de certaines sociétés de marketing de réseau a probablement souhaité mettre un terme aux argumentaires abusifs parfois utilisés par leurs distributeurs et qui pouvaient leur porter préjudice. Néanmoins, la communication faite aux distributeurs à ce sujet semble avoir souffert d’un déficit d’information, débouchant inévitablement sur des spéculations à propos de ce qu’il est permis ou non de dire.

Sur le terrain, j’ai notamment pu constater une confusion entre allégation de santé et action biologique d’une plante sur l’organisme. Des distributeurs en viennent à s’interdire d’évoquer toute activité bénéfique des produits qu’ils vendent ! Rappelons que cette réglementation concerne la communication écrite des laboratoires fabricants. Il appartient ensuite à chaque distributeur de se construire un discours raisonné qui s’appuie sur l’expérience personnelle et une connaissance suffisante des mécanismes du vivant.

S’il n’est pas permis de vendre un produit avec la prétention d’un effet sur la santé non officiellement validé, le distributeur se doit toujours d’en connaître les composants et leurs effets sur l’organisme. Par exemple, on ne peut pas dire qu’un produit à base de gel d’aloès est un anti-inflammatoire capable de lutter contre les maladies inflammatoires. En revanche, on pourra mentionner les études scientifiques qui montrent que des composants de la plante interviennent dans la régulation de l’inflammation. Rien n’interdit à ce jour d’entretenir sa culture personnelle sur le fonctionnement du corps humain et l’impact sur la santé de ce que nous mangeons.

La littérature qui rapproche de telles propriétés biologiques de la prévention, voire de l’accompagnement du traitement de certaines maladies, est libre et accessible à tous. Si ce rapprochement ne peut pas être inscrit sur l’emballage et figurer dans les argumentaires de vente, rien n’interdit de mettre le client au contact de cette littérature et surtout d’avoir soi-même intégré cette littérature.

En médecines naturelles, on ne prétend pas lutter contre une maladie, on cherchera plutôt à aider l’organisme à corriger ses manques et ses excès. Les propriétés des aliments et des compléments alimentaires susceptibles de corriger le terrain biologique sont connues et doivent être largement diffusées. Les supports de formation des distributeurs devront à présent s’orienter vers des propriétés biologiques plutôt que des vertus thérapeutiques. Le livre « cœur de nutrition » de même que ce blog s’inscrivent dans cette optique.

L’ensemble des évolutions réglementaires peut être consulté sur le site internet de l’agence européenne pour la sécurité alimentaire : http://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/nutrition.htm

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Diplômé en médecine nutritionnelle et fonctionnelle, formé aux techniques de psychothérapie brève, il exerce en cabinet libéral près d'Orléans. Il anime régulièrement des conférences en micronutrition auprès d’entreprises du secteur santé. Il est l'auteur de trois livres et de plusieurs articles scientifiques.

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