Arginine et polyphénols pour la santé cardiovasculaire

L’arginine est un acide aminé semi-essentiel, c’est-à-dire que l’organisme est capable d’en synthétiser selon ses besoins, mais dans certaines conditions physiologiques (maladie, sport intense, croissance, vieillesse) cette synthèse ne suffit pas à couvrir les besoins. Il convient alors d’assurer un apport extérieur.

A partir de l’arginine, l’organisme fabrique le monoxyde d’azote ou oxyde nitrique indispensable à la santé des artères, ainsi que la créatine qui participe au développement et au fonctionnement des muscles. L’arginine est impliquée par ailleurs dans les processus de cicatrisation.

Prévention de l’athérosclérose

Le monoxyde d’azote (NO) produit à partir de l’arginine favorise la dilatation des vaisseaux sanguins. Or, les recherches ont montré que les principaux facteurs de risque d’athérosclérose sont associés à une diminution de la disponibilité du NO, soit parce qu’on en synthétise moins, soit parce qu’on en élimine trop.

L’athérosclérose est une maladie cardiovasculaire d’origine oxydative qui correspond à l’épaississent de la paroi artérielle par un conglomérat lipidique et minéral pouvant conduire à une obstruction de l’artère. L’afflux de cellules macrophages qui s’ensuit aggrave l’oxydation et provoque des lésions de la paroi (le mécanisme est expliqué en détail dans « Cœur de nutrition » au chapitre Oméga-3 / maladies cardiovasculaires).

Le NO est impliqué dans les processus qui conduisent à l’adhésion des cellules macrophages au tissu sous-endothélial. Mais l’arginine semble montrer un effet inhibiteur direct de cette adhésion, indépendamment du NO.

Les études ont montré que la supplémentation en arginine bénéficie surtout aux personnes qui présentent une maladie cardiaque ou au moins des facteurs de risque d’athérosclérose, tandis qu’aucun effet n’a été constaté chez les sujets sains.

Souplesse des artères

En 1992, deux équipes de chercheurs américains ont montré qu’une supplémentation en l-arginine chez des patients hypercholestérolémiques améliorait la vasodilatation périphérique. Depuis, plusieurs études randomisées en double-aveugle sont venues confirmer ces résultats, notamment sur des patients souffrant d’insuffisance cardiaque.

Cette amélioration de la circulation sanguine provient du fait que le monoxyde d’azote est un facteur de relâchement des artères. Les cellules de l’endothélium vasculaire se servent du NO pour provoquer la vasodilatation. La conséquence est un accroissement du débit sanguin et une diminution de l’agrégation des plaquettes.

L’apport en arginine doit être optimal et en présence de ses cofacteurs, c’est-à-dire des vitamines et minéraux qui lui permettent d’agir, en particulier les vitamines du groupe B et le magnésium.

Un adjuvant des statines

D’après les recherches menées par le laboratoire de biologie nutritionnelle de la faculté de pharmacie de Paris, la combinaison de l’arginine avec une statine (médicament anti-cholestérol) limite significativement la formation des plaques d’athérome. Une efficacité qui permettrait au médecin de réduire les doses de statine et par ailleurs qui limiterait les effets secondaires parfois importants des statines. Une autre bonne nouvelle est que cette synergie fonctionne également avec les statines naturelles comme la levure de riz rouge.

Synergie avec les polyphénols de fruits rouges

Le problème n’est pas le cholestérol en lui-même mais le phénomène d’oxydation qui touche les protéines de transport du cholestérol. Le Docteur Michel de Lorgeril, cardiologue et chercheur en nutrition, est explicite sur ce point : « Si vous pouvez éviter que votre cholestérol-LDL s’oxyde, vous éviterez qu’il ne soit transporté par les macrophages jusqu’aux parois de vos artères. » Nous devons donc limiter autant que possible la formation de radicaux libres dans l’organisme.

Les polyphénols, fortement représentés dans les fruits rouges, ont un double effet antioxydant : d’une part ils neutralisent directement de nombreux radicaux libres, d’autre part ils renforcent le dispositif antioxydant propre à nos cellules.

L’arginine a elle-même des propriétés antioxydantes, elle neutralise l’anion superoxyde. Mais associer l’arginine aux polyphénols augmente notablement la production de monoxyde d’azote, tout en empêchant que ce dernier participe au stress oxydatif en s’associant à des radicaux libres oxygénés.

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Diplômé en médecine nutritionnelle et fonctionnelle, formé aux techniques de psychothérapie brève, il exerce en cabinet libéral près d'Orléans. Il anime régulièrement des conférences en micronutrition auprès d’entreprises du secteur santé. Il est l'auteur de trois livres et de plusieurs articles scientifiques.

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