Au soleil cet été : la peau en première ligne

La nécessité de s’exposer au soleil

Ce n’est pas tant l’effet esthétique du bronzage – qui est surtout à l’origine des expositions excessives préjudiciables – que la nécessité de se recharger en certaines substances et d’activer des nutriments essentiels.

L’exposition au soleil de notre peau permet entre autres de synthétiser la vitamine D, indispensable à une bonne utilisation du calcium, avec une conséquence directe sur la santé des os et l’équilibre psychique.

Elle régule le taux de mélatonine. Synthétisée par la glande pinéale à partir de la sérotonine en réponse à un manque de lumière, cette hormone joue un rôle majeur dans notre horloge biologique et la gestion du sommeil. La baisse de luminosité en fin d’année provoque une surproduction de mélatonine entraînant une asthénie, c’est ce qu’on appelle la dépression saisonnière.

N’oublions pas le rôle du cholestérol, cofacteur indispensable à la production de vitamine D. Cet été, il y a des gens qui vont s’étaler au soleil en s’imaginant faire le plein de vitamine D. Mais s’ils manquent de cholestérol, à qui on donne une chasse exagérée, ils ne pourront pas synthétiser suffisamment de vitamine D. Les personnes traitées par statine sont particulièrement concernées (Lire notre dossier sur le cholestérol)

Par ailleurs, des études montrent que l’eczéma et les maladies allergiques cutanées, contrairement à ce qu’on pourrait penser, sont améliorés par une exposition au soleil raisonnable mais fréquente.

Pour éviter d’infliger des dommages à la peau tout en profitant des bienfaits du soleil, il convient de s’exposer régulièrement et en plusieurs fois, en dehors de la tranche horaire 12h-16h où le rayonnement est le plus virulent.

A propos du risque de cancer

D’après le Docteur Brigitte Houssin, auteur du livre « Soleil, mensonges et propagande », la vitamine D est susceptible d’empêcher la transformation des cellules précancéreuses en cellules cancéreuses. Elle diminue aussi le risque de prolifération en participant au contrôle de la vascularisation (angiogenèse).

Plusieurs études épidémiologiques conduites aux Etats-Unis et en Europe ont montré que le statut vitaminique pour la vitamine D doit être fortement amélioré pour obtenir une réduction de l’incidence et de la mortalité par cancer.

Mais en cas d’excès, les rayons UVA et UVB portent atteinte à l’immunité de la peau, en diminuant le nombre de cellules de Langerhans, des cellules présentatrices d’antigènes chargées de reconnaître ce qui appartient ou non à la peau.

Radicaux libres et vieillissement prématuré

Les UV peuvent provoquer l’excitation des électrons périphériques de certaines molécules qui vont alors perdre un électron et devenir des radicaux libres. Notre organisme dispose d’un système de protection pour limiter ce phénomène mais il peut être dépassé. Les radicaux libres vont alors créer une réaction en chaîne d’oxydation qui va s’attaquer aux membranes cellulaires.

Ensuite, les radicaux libres peuvent d’attaquer à l’ADN qui abrite le programme de réplication de la cellule. Les lésions sont continuellement réparées par une activité enzymatique intense, mais là encore le mécanisme peut rapidement être débordé. Les cellules de la couche basale sont chargées de produire les éléments nécessaires au renouvellement de la peau. Si elles sont atteintes, la production de mélanine, de collagène et d’élastine va chuter et entraîner ce qu’on appelle une élastose, c’est-à-dire une perte de souplesse de la peau.

Enfin, une atteinte irréversible de l’ADN par les radicaux libres donne aux cellules une aptitude à la multiplication désordonnée qui est propice au cancer.

Le vieillissement apparaît lorsque les cellules de notre peau ne parviennent plus à se renouveler dans des conditions normales. C’est l’accumulation des dommages liés au soleil qui contribue au vieillissement prématuré de la peau et favorise les phénomènes cancéreux. Les dommages sont provoqués conjointement par une exposition excessive et un manque en nutriments protecteurs de la peau.

Renouveler les molécules qui nourrissent la peau

Les produits cosmétiques, non pas les crèmes de protection solaire mais les crèmes de préparation à l’exposition et de récupération après exposition, ont pour but d’améliorer l’hydratation et la qualité du film hydrolipidique à surface de la peau, et d’assurer l’épaisseur de l’épiderme en stimulant la production de collagène.

Nous devons aussi agir en amont du processus de vieillissement. La peau dispose de toute une logistique en interne, ce pourquoi il est judicieux de ne pas se limiter à des applications cutanées mais aussi de renouveler quotidiennement le milieu extracellulaire en minéraux et vitamines, surtout en période de sollicitation intense comme l’été (exposition au soleil, activités sportives).

•  A l’extérieur des cellules : neutraliser un maximum de radicaux libres avant qu’ils n’atteignent les cellules.
• Au niveau des membranes cellulaires : renforcer les membranes et limiter la peroxydation des lipides qui les constituent.
• A l’intérieur des cellules : limiter les phénomènes de mutation de l’ADN et assurer un bon fonctionnement de la cellule en protégeant ses organites.

Les polyphénols et les caroténoïdes

Très présents dans les fruits rouges et les fruits aux couleurs vives, on en retrouve aussi naturellement dans notre épiderme qu’ils protègent de la photodégradation. Ce sont des antioxydants majeurs.

• Un effet antioxydant direct : les polyphénols réagissent avec les radicaux libres et créent avec eux des liaisons atomiques qui les neutralisent, mettant un terme à la réaction en chaîne de l’oxydation.

• Le renforcement du système antioxydant de nos cellules, grâce à une action enzymatique qui permet au glutathion de se régénérer.

Les carotéinoïdes, pigments qui donnent aux fruits leur couleur caractéristique, peuvent nous aider à préparer l’exposition au soleil. On en retrouve des associations synergiques dans les activateurs de bronzage naturels. Associés à un complexe vitaminique et minéral, notamment vitamine E, C, et sélénium, qui entretient le dispositif antioxydant cellulaire, ils améliorent la tolérance au soleil. Le béta-carotène, en plus de son activité antioxydante, aide à stimuler la production  de mélanine.

L’étude Photomed conduite en 2003 a montré qu’une complémentation en caroténoïdes, vitamine E et sélénium augmentait de 21% la tolérance de la peau au soleil. Un produit alliant Aloe Vera et caroténoïdes est idéal, tant en prévention que pendant la période d’exposition. La peau, correctement nourrie de l’intérieur, préserve alors son éclat et sa souplesse.

Les oméga-3

Ces acides gras aident à réguler le renouvellement cellulaire de la peau et à maintenir sa souplesse. Nous savons que les peaux grasses vieillissent moins vite, le film gras présent à la surface leur permet d’amortir les agressions extérieures. Les oméga-3 aident le corps à fixer l’eau, ce qui rend la peau plus lisse et plus souple.

L’oxydation des cellules cutanées après une exposition au soleil créé une peau acide, une acidité ensuite reprise par le sang de l’hypoderme et qui est à l’origine des démangeaisons que nous avons le soir en rentrant de la plage. Des chercheurs ont constaté que l’huile de poisson limite ce processus.

L’Aloe Vera

Que ce soit pour préparer la peau à l’été ou pour la réparer suite à un malheureux coup de soleil, l’Aloe Vera reste incontournable par sa richesse en minéraux et oligo-éléments. Lorsque vous construisez un mur, vous attendez des briques, des matériaux. La pulpe d’aloès transporte les molécules attendues vers les sites actifs. La cellule va revoir le signal d’aller chercher dans la lymphe qui la nourrit ce qu’il lui faut pour se réparer.

Toutes les réactions de renouvellement de la peau nécessitent des oligo-éléments pour être activées. L’Aloe Vera en apporte une grande quantité qui plus est immédiatement assimilable. La plante contient par exemple du silicium, indispensable à la synthèse du collagène. Pour une meilleure efficacité, un usage simultané en interne et en externe est recommandé.

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Diplômé en médecine nutritionnelle et fonctionnelle, formé aux techniques de psychothérapie brève, il exerce en cabinet libéral près d'Orléans. Il anime régulièrement des conférences en micronutrition auprès d’entreprises du secteur santé. Il est l'auteur de trois livres et de plusieurs articles scientifiques.

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