Dépression saisonnière, agir dès septembre

Comment la reconnaître ?

Elle survient à l’automne, généralement en novembre, avec le raccourcissement des jours et la baisse de la luminosité. Elle peut durer tout l’hiver. Les symptômes sont : anxiété, asthénie plus ou moins marquée, baisse de la libido, hypersomnie laissant une impression d’hibernation, grignotage voire hyperphagie pour l’essentiel portée sur les sucres rapides et qui peut conduire à une prise de poids.

Peut-on parler de dépression à part entière ou simplement d’une baisse normale de régime biologique, qui serait plus marquée et plus mal vécue chez certains ? Une difficulté est que ce syndrome regroupe des réalités très disparates. Son intensité, sa régularité et surtout le profil biologique et psychologique de la personne feront la différence. Car tout n’est pas simple, une personne qui présente un état dépressif chronique ressent les fluctuations saisonnières et peut donc souffrir davantage de son état lorsque l’hiver approche. L’avis d’un professionnel de santé est toujours souhaitable.

Première cause connue, le manque de lumière

C’est en 1984 que le Docteur Norman Rosenthal, psychiatre et chercheur à l’Institut national de la santé mentale aux Etats-Unis, a démontré le lien entre notre humeur et l’exposition à la lumière solaire. Dans la foulée naissait la luminothérapie qui donne d’assez bons résultats.

Pourquoi sommes-nous dépendants de la lumière ? Les rayons lumineux que nous recevons se transforment en signaux électriques qui, envoyés au cerveau, agissent sur les neurotransmetteurs. Parmi eux, la sérotonine qui contrôle appétit et l’humeur. A partir de la sérotonine, nous produisons aussi la mélatonine qui contrôle le sommeil, l’éveil. C’est en toute logique que la mélatonine est liée à la luminosité, nous sommes faits pour vivre synchronisés avec notre environnement.

A ce propos, n’oublions pas que l’hiver est fait pour se reposer, pas pour entreprendre un tas de choses pour lesquelles nous n’avons pas l’énergie. Il est important de vivre avec les cycles imposés par la nature. Chercher à forcer, surtout pour ceux qui souffrent déjà d’un manque d’estime de soi, conduit à l’épuisement et entretient le sentiment de dévalorisation. Sortir quotidiennement et faire un peu d’exercice à la lumière du jour aide à mieux traverser cette période.

Mais tout le monde ne réagit pas semblablement à la baisse de lumière. Au-delà des prédispositions, il semblerait que la disponibilité de certains nutriments fasse la différence. Car si nous produisons de la mélatonine en fonction de la luminosité reçue, nous avons pour cela besoin du tryptophane, un acide aminé qui doit être apporté par l’alimentation. Dans les accès de grignotage, un aliment se taille la part belle : le chocolat. Outre le sucre qu’il apporte, il est justement riche en tryptophane et en magnésium, son cofacteur.

Les besoins nutritionnels pour éviter la déprime

Ce sont les mêmes que pour tout état anxiodépressif. Les besoins nutritionnels de notre cerveau doivent être pourvus pour éviter d’installer un terrain favorable à ce type d’affection. Nous devons nous assurer que toutes les molécules de la communication nerveuse peuvent être produites en quantité suffisante. Le manque de l’un de ces nutriments suffit à introduire des symptômes d’anxiété, d’agitation ou bien de fatigue et de déprime.

L’ensemble des vitamines du groupe B est nécessaire. La B3 permet au cerveau de produire l’énergie à partir des sucres. La B6 intervient dans la synthèse de la sérotonine, de la mélatonine et de la dopamine. Elle est aussi nécessaire à l’utilisation du glycogène, notre réserve de sucre. Quant à la B12, un manque provoque une anémie responsable d’une mauvaise oxygénation. N’oublions pas qu’une bonne flore intestinale nous permet de synthétiser des quantités intéressantes de vitamines B. Pensez donc aux probiotiques.

La vitamine C est indispensable au processus de détoxination hépatique. C’est le foie qui synthétise les matières premières de nombreux neurotransmetteurs et hormones, il doit donc conserver un fonctionnement fluide. Elle intervient dans la transformation de l’acide aminé tyrosine en dopamine, neurotransmetteur qui intervient dans les fonctions de motivation, de volonté, du désir. Elle permet enfin une bonne utilisation du fer qui intervient également dans ce domaine.

Le magnésium permet une bonne utilisation des sucres, favorise l’absorption des lipides (donc des oméga-3), agit avec le calcium sur l’influx nerveux, est un cofacteur des vitamines B, stimule l’activité enzymatique du foie. Il se retrouve dans toutes les réactions d’adaptation au stress du cerveau.

Les acides gras oméga-3 sont à présent connus comme les alliés incontournables du cerveau et plus largement de toute l’activité neuroendocrinienne. Le mécanisme qui conduit à un manque de sérotonine a été très récemment mis en lumière par une équipe de chercheurs de l’INRA de Bordeaux. Il est le résultat d’une cascade de réactions inflammatoires qui perturbe le métabolisme cérébral et risque à terme de créer des lésions neurologiques. Les oméga-3 assurent l’intégrité du milieu cérébral face à l’inflammation, donnent la souplesse aux membranes des neurones, protègent les voies de synthèse des neurotransmetteurs et augmentent la fluidité des échanges nerveux.

Quels compléments alimentaires ?

La pulpe d’aloès vous apporte le cocktail de vitamines, sels minéraux et oligo-éléments indispensable à toutes les réactions enzymatiques dont nous venons de parler. En particulier les oligo-éléments comme le fer, le manganèse, le zinc qui agissent comme catalyseurs et permettent de relancer une activité métabolique insuffisante.

Les probiotiques non seulement pour la synthèse de vitamines B mais aussi leur rôle d’avant-garde du système neuroendocrinien. En effet, la muqueuse intestinale dispose de nombreuses cellules nerveuses directement reliées au cerveau par le système nerveux végétatif. Ces cellules produisent un nombre important de neurotransmetteurs et d’hormones. Cette production est directement liée à la qualité de la flore intestinale, les bonnes bactéries avec lesquelles nos cellules vivent en symbiose.

La gelée royale compte parmi les produits de la nature les plus riches en vitamines B5 et B6. Véritable cadeau de la nature, elle nous offre l’ensemble des acides aminés essentiels dont le tryptophane dans des proportions intéressantes. Par ailleurs, l’acétylcholine, un neuromédiateur stimulant mais non excitant, y est présent en l’état, ce qui est exceptionnel. Habituellement, nous devons le synthétiser nous-mêmes à partir des différents éléments que l’alimentation nous procure. Enfin, la gelée royale a une action équilibrante de l’appétit.

Avec en plus leur vertu de renforcement du système immunitaire, une cure de ces produits est la bienvenue avant l’hiver. Enfin, si vous ne mangez pas assez de poisson et/ou que vos intestins sont fragiles, prenez des capsules d’huile de poisson.

Vitamine D, la vitamine du soleil

Cette vitamine un peu à part, encore trop mal connue, n’en est pas moins incontournable. Elle intervient dans un nombre impressionnant de fonctions et la recherche ne cesse de lui découvrir de nouvelles fonctions. Elle est majoritairement produite au niveau de la peau lors de l’exposition au soleil. On oublie souvent que manque de lumière est avant tout synonyme de manque de soleil et donc de déficit en vitamine D. La luminothérapie, c’est-à-dire l’exposition à des lampes spéciales reproduisant le spectre de la lumière solaire, constitue une session de rattrapage appréciable pour celles et ceux qui n’ont pas assez profité du soleil pendant les beaux jours.

Les études épidémiologiques ont associé des cas de dépression avec des taux de vitamine D insuffisants, et ce quel que soit le type de dépression. Plus encore, chez les personnes souffrant de maladies neurologiques, les taux de vitamine D observés étaient presque toujours très bas. Ce qui incite à la prévention.

Plusieurs études cliniques conduites en double aveugle ont montré que les personnes ayant reçu une supplémentation en vitamine D3 (cholécalciférol) étaient sensiblement moins sujettes aux dépressions saisonnières. D’après la recherche fondamentale, la vitamine D stimulerait l’expression des gènes qui permettent la synthèse des neurotransmetteurs.

La vitamine D augmente aussi le taux de glutathion qui intervient dans le nettoyage des déchets acides dont l’excès contribue aux maux de tête et perturbe la production des neurotransmetteurs. Une autre source alimentaire importante est la baie de goji qui apporte tous les nutriments pour fabriquer du glutathion.

Alors qu’on pourrait s’attendre à une explosion du phénomène dans les pays nordiques, il n’en n’est rien. En Islande, pays peu connu pour son ensoleillement, on observe assez peu de cas de dépression saisonnière. Des chercheurs expliquent cet état de fait par la consommation élevée de poisson et produits de la mer dans ce pays. Une nourriture riche en oméga-3 et en vitamine D.

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Diplômé en médecine nutritionnelle et fonctionnelle, formé aux techniques de psychothérapie brève, il exerce en cabinet libéral près d'Orléans. Il anime régulièrement des conférences en micronutrition auprès d’entreprises du secteur santé. Il est l'auteur de trois livres et de plusieurs articles scientifiques.

One thought on “Dépression saisonnière, agir dès septembre

  1. Merci beaucoup Dimitri. L’aloe vera que je consomme depuis 4 ans m’a vraiment aidé. J’avais un rhumatisme et un système faible, ma fille de 8 ans avait toujours un manque d’appétit et grâce a Dieu et à l’aloès tout s’est amélioré. Merci encore une fois de ces conseils qui vont m’aider à convaincre des gens de consommer les compléments alimentaires de FLP qui sont uniques et naturels.

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