Ostéoporose, calcium et produits laitiers

L’ostéoporose est une maladie caractérisée par une fragilité excessive du squelette, due à une diminution de la masse osseuse et à l’altération de la microarchitecture osseuse. D’après le groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses, la maladie concerne trois millions de femmes ménopausées en France et touche une femme sur deux après l’âge de 60 ans. L’ostéoporose frappe également un homme sur cinq.

Le mécanisme : un excès d’acidité

L’acidité de l’organisme dépend de la concentration en ions hydrogène, appelée pH. Une acidité excessive est toujours préjudiciable à notre santé. Le pH du sang doit être impérativement compris entre 7,38 et 7,42. Afin de maintenir en permanence cette fourchette très étroite, l’organisme mobilise les minéraux alcalinisants disponibles (calcium, potassium et magnésium) pour neutraliser les acides. Cela s’appelle le système tampon.

Si l’acidité devient excessive et permanente, il n’y aura plus assez de minéraux disponibles pour tamponner cette acidité. Comme un déséquilibre du pH sanguin est grave et peut entraîner une détresse vitale, l’organisme va puiser dans les réserves minérales.  Les os représentent la plus grande réserve de minéraux alcalins, en premier lieu de calcium, pour répondre à une acidité excessive dans le sang. Si celle-ci devient chronique à cause d’une alimentation déséquilibrée, il y a risque de déminéralisation conduisant à une ostéoporose. Vous aurez aussi des douleurs musculaires et des crampes par manque de magnésium. Lorsque votre organisme commence à démonter les os pour assurer vos fonctions vitales, il est grand temps de réagir !

Le cœur du problème n’est donc pas un apport insuffisant mais une perte excessive de calcium. Une des causes principales est une alimentation trop riche en protéines animales qui obligent l’organisme à mobiliser le calcium pour tamponner l’acidité. S’ensuivent des pertes excessives de calcium par les urines pour excréter les déchets acides, avec à terme un risque de formation de calculs rénaux.

Notons que les processus hormonaux à l’œuvre lors de la ménopause contribuent à une acidification de l’organisme. Un lien est à établir avec l’augmentation du risque d’ostéoporose durant cette période.

Le stress enfin contribue à augmenter l’acidité de l’organisme. Le système nerveux sympathique trop sollicité mobilise fortement les réserves énergétiques, les cellules reçoivent beaucoup de glucose qui n’est pas éliminé par une activité physique insuffisante. Il sera transformé en acide lactique stocké dans les muscles, à l’origine des raideurs et douleurs musculaires souvent associées au stress. Par ailleurs, trop d’acide favorise la production d’hormones du stress, ce qui entretient un cercle vicieux.

Les produits laitiers, une fausse réponse

Le lait de vache n’est pas la solution miracle qu’on nous présente, ni pour répondre aux pathologies dues à une insuffisance en calcium, ni pour s’assurer d’un capital suffisant à la croissance. Aucune étude sérieuse et indépendante ne démontre à ce jour la bonne assimilation du lait de vache par le corps humain, ni son effet positif sur la santé de nos os. Plusieurs chercheurs, résultats d’études à l’appui, ont au contraire attiré notre attention sur les risques d’ostéoporose liés à un excès de produits laitiers.

En réalité, il ne suffit pas d’apporter du calcium en masse pour que nos os en bénéficient. Il doit être disponible et trouver de quoi se fixer. La vitamine D est nécessaire aux cellules de l’intestin pour qu’ils captent le calcium dont l’organisme a besoin. Pour s’intégrer à l’os, le calcium demande la présence d’autres minéraux, notamment le magnésium, le zinc et le silicium. Or ces minéraux proviennent surtout des végétaux de qualité dont nous manquons.

Des autres sources de calcium, il est rarement question. Les légumes verts, légumineuses, céréales complètes, oléagineux, algues, en contiennent une quantité intéressante, certes moins importante mais plus facilement assimilable par l’organisme. Le lait d’amande contient au moins autant de calcium que le lait de vache, il est en plus très alcalinisant, contient de nombreux autres minéraux dont le potassium et très peu de graisses saturées.

Certes, pendant la seconde guerre mondiale, le lait a sauvé toute une génération de personnes de la famine. Mais il n’était pas du tout produit de la même manière qu’aujourd’hui. Les vaches ne sont pratiquement plus déplacées pour éviter qu’elles consomment de l’énergie et rentabiliser un maximum de quantité de lait. Elles ne broutent plus d’herbe, ce sont de nombreuses substances nutritives qui ont disparu.

Une étude chinoise a suivi les effets d’une augmentation de la consommation de produits laitiers sur des personnes carencées. Les chercheurs n’ont constaté aucun effet bénéfique sur l’ostéoporose. En revanche, les accidents cardio-vasculaires ont augmenté, probablement à cause des graisses saturées apportées par trop de produits laitiers.

Le lait est riche en protéines animales, sans compter qu’elles sont souvent mal tolérées par l’organisme humain. Une consommation excessive de produits laitiers, encouragée par des messages publicitaires réducteurs, contribue davantage à amplifier le problème qu’à le solutionner. Les légumes permettent de limiter la mobilisation des réserves osseuses de calcium et de reconstituer plus rapidement toute utilisation. Plusieurs études ont clairement associé une densité osseuse importante à un régime alimentaire riche en fruits et légumes.

D’autres nutriments indispensables

– Le magnésium, un minéral incontournable avec un double rôle structurel et catalyseur. L’organisme en contient 30 grammes dont la moitié dans les os où il permet de fixer correctement le calcium et de maintenir la densité osseuse.

– La vitamine C. Une carence provoque un collagène fragile qui aura du mal à fixer correctement les minéraux. Le collagène est une trame protéique sur laquelle se déposent les minéraux qui vont assurer la solidité des os.

– La vitamine D, cofacteur de la fixation des minéraux. Elle participe aux phases de remodelage de la trame osseuse et intervient dans la régulation des gènes pour éviter que le processus s’emballe. Les statistiques montrent que, chez les personnes âgées, le déficit en vitamine D contribue aux fractures. La carence en vitamine D est nettement plus fréquente que celle en calcium.

Source : extraits du livre « cœur de nutrition »

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Diplômé en médecine nutritionnelle et fonctionnelle, formé aux techniques de psychothérapie brève, il exerce en cabinet libéral près d'Orléans. Il anime régulièrement des conférences en micronutrition auprès d’entreprises du secteur santé. Il est l'auteur de trois livres et de plusieurs articles scientifiques.

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