L’arginine pour la santé cérébrale et l’équilibre psychique

Les études se multiplient ces dernières années pour révéler le rôle de l’arginine à des niveaux très variés de l’organisme. Cet acide aminé est identifié comme précurseur et harmonisateur des neurotransmetteurs. Il intervient dans leur chaîne de synthèse et en optimise la disponibilité.

Un médiateur neuronal particulier

Encore une fois, c’est le monoxyde d’azote (NO), un sous-produit de l’arginine, qui nous intéresse. Doté d’un électron non appareillé qui fait de lui un radical libre, le NO est capable d’interagir avec d’autres molécules et de provoquer dans les cellules un grand nombre d’activités. C’est le premier et à ce jour le seul gaz connu pour agir comme messager biologique. On doit cette découverte au Professeur Louis J. Ignarro (Californie) qui lui vaudra le prix Nobel de Médecine en 1998.

Les neurotransmetteurs habituels agissent dans la fente synaptique et visent uniquement le neurone post-synaptique, en se fixant sur des récepteurs membranaires spécifiques (voir dessin). Le NO se comporte différemment. Il se propage de manière à atteindre plusieurs neurones environnants, même si ceux-ci ne sont pas connectés. Il est par ailleurs capable de véhiculer des messages aux astrocytes, cellules nerveuses spécialisées qui assurent en quelque sorte la logistique pour le bon fonctionnement et la survie des neurones. Selon certains travaux, cette activité interviendrait sur le long terme dans les processus d’apprentissage et de mémorisation.

Un effet sur la sérotonine

La sérotonine, parfois appelée « hormone du bonheur », est un neurotransmetteur dont la carence est connue pour être une des causes des états dépressifs, des troubles de l’humeur et des pulsions alimentaires. C’est en empêchant la recapture de la sérotonine par les neurones que les antidépresseurs augmentent artificiellement sa concentration.

En 2007, l’Institut de génomique fonctionnelle de Montpellier a mis en évidence une interaction entre le transporteur de la sérotonine et l’enzyme responsable de la synthèse du monoxyde d’azote dans le cerveau, la NO-synthase neuronale. Le contact entre ces deux molécules inhibe la recapture de sérotonine et permet en même temps une production nouvelle de NO.

La déprime commence dans le foie ?

Le foie est le siège d’un processus – la méthylation – qui est fondamental dans la synthèse de nombreuses molécules, parmi lesquelles la sérotonine. Le métabolisme de la méthionine (un acide aminé) à partir des protéines de notre alimentation produit de l’homocystéine. Cette dernière est ensuite recyclée :
– soit en cystéine, un autre acide aminé qui entre dans la composition de nombreuses protéines humaines,
– soit à nouveau en méthionine qui sera utilisée dans la synthèse de sérotonine.
Ce recyclage se fait grâce au cycle de méthylation. S’il fonctionne mal, l’homocystéine s’accumulera et en bout de course peu de sérotonine sera produite.

L’arginine est connue pour aider à la détoxination du foie, notamment en le débarrassant de l’ammoniaque qui ralentit son travail. Des travaux de l’Université d’Aquila en Italie montrent que l’arginine fait décroître le taux d’homocystéine, à travers l’augmentation de NO et la diminution des radicaux libres. L’association aux vitamines B est nécessaire, notamment la B12 qui aide à transformer l’excès d’homocystéine en méthionine. Un encrassage du foie peut donc être un facteur majeur dans les états dépressifs, notamment lorsqu’ils répondent mal aux traitements conventionnels.

Une meilleure glycémie

Tandis que la plupart des cellules du corps se nourrissent de plusieurs classes de nutriments, le seul carburant du cerveau est le glucose. L’arginine peut être utilisée pour synthétiser le glucose et donc produire de l’énergie. Ceci rend la supplémentation en arginine intéressante dans les cas d’asthénie et de fatigue à composante psychologique.

Par ailleurs, une étude menée par des chercheurs européens a montré que l’arginine améliore la sensibilité cellulaire à l’insuline, l’hormone chargée de réguler le taux de sucre dans le sang. Ce rôle de régulation de la glycémie est intéressant dans le diabète de type 2. L’étude, réalisée en double aveugle contre placebo, a clairement montré une meilleure réactivité à l’insuline chez les patients ayant reçu une supplémentation en arginine.

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Diplômé en médecine nutritionnelle et fonctionnelle, formé aux techniques de psychothérapie brève, il exerce en cabinet libéral près d'Orléans. Il anime régulièrement des conférences en micronutrition auprès d’entreprises du secteur santé. Il est l'auteur de trois livres et de plusieurs articles scientifiques.

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