Préparer l’organisme avant une démarche minceur

Pourquoi le poids perdu suite à un régime est-il souvent repris rapidement ? D’une part, les mauvaises habitudes alimentaires n’ont pas été corrigées et la personne risque de remanger comme avant. Ensuite, l’organisme n’a pas été nettoyé, les mécanismes biologiques ne sont pas prêts au changement. Au contraire, une perte de poids conduite progressivement sur un organisme préparé sera durable.

Corriger les grandes erreurs alimentaires

La plus courante, très présente dans notre pays, est la consommation de sucres rapides au petit-déjeuner. Les mitochondries de nos cellules sont faites pour brûler des graisses le matin et des sucres l’après-midi. Si vous apportez des sucres rapides le matin, ils seront stockés et rapidement transformés en graisse… celle qui fait grossir. Par ailleurs, une hausse brutale de la glycémie fait monter votre insuline et vous place rapidement en hypoglycémie. Vous risquez donc de grignoter une bonne partie de la journée. Sur la durée, le phénomène accroît le risque de diabète. Donc, exit la confiture, le miel, la brioche et tout simplement le pain blanc : 15 morceaux de sucre dans un tiers de baguette !

Exit aussi les aliments qui encrassent l’organisme et favorisent de mauvaises voies métaboliques : le fast-food bien sûr, mais aussi les aliments frits, les viennoiseries, les plats préparés et sauces industriels, les céréales raffinées du matin (type Kellogg’s), tous les sodas, barres chocolatées, gâteaux apéritifs. Tous ces aliments apportent trop de sel, de sucre et surtout de graisses « trans » qui compromettent fortement les échanges cellulaires et font le lit de nombreuses maladies.

Nettoyer l’intestin

Notre intestin est peuplé de 10.000 milliards de bactéries qui concourent à notre digestion, notre métabolisme et notre immunité. Certaines familles de bactéries communiquent en permanence avec les cellules de la muqueuse intestinale qui les hébergent. Cette cohabitation intelligente permet non seulement la reconnaissance des nutriments, mais aussi influence l’absorption des sucres et des graisses selon leur pouvoir calorifique. Nous savons aujourd’hui que les personnes obèses présentent une flore intestinale anormale.

Une alimentation déséquilibrée ou inadaptée, une mauvaise hygiène de vie, un stress chronique, les polluants de notre environnement, génèrent une grande quantité de toxines qui agressent la muqueuse intestinale et créent un déséquilibre entre les familles bactériennes. La polarisation des cellules de la muqueuse, qui permet l’absorption des nutriments est alors perturbée. L’intestin ne reconnait plus correctement les aliments. De nombreux nutriments bénéfiques sont refoulés tandis que de nombreuses toxines passent dans le sang. Autrement dit, on observe à la fois des carences et un encrassage de l’organisme. La personne peut tout à fait être en surpoids tandis que les cellules du corps ne reçoivent pas le nécessaire pour assurer le métabolisme et dégager une énergie suffisante.

L’écosystème intestinal est très sensible au pH, c’est-à-dire l’équilibre acido-basique. Les minéraux alcalins (citrates de potassium, calcium et magnésium) neutralisent les déchets acides, favorisent le maintien des bonnes bactéries intestinales, soulagent la muqueuse et rétablissent ses facultés d’absorption. Hormis les compléments alimentaires qui permettent de remonter rapidement le pH, n’oublions pas de consommer des légumes verts riches en citrates.

La chlorophylle est également un excellent assainissant de l’intestin. Elle neutralise les toxines et la production de gaz, limite la prolifération des mauvaises bactéries et aussi des champignons. Une mention particulière pour l’aloe vera qui entretient le glycocalyx (film protecteur de la muqueuse), répare d’éventuelles lésions, empêche l’adhésion des mauvaises bactéries et nourrit les bonnes bactéries, favorise la fonction barrière (reconnaissance des molécules nutriments et première ligne de défense immunitaire), stimule l’activité enzymatique et favorise le transit.

Stimuler les capacités d’évacuation

C’est la grande erreur des régimes à perte de poids rapide, qui font l’impasse sur les capacités de l’organisme à déséquestrer et évacuer les toxines. Une personne en surpoids fabrique de nombreuses toxines. Généralement liposolubles, celles-ci sont préférentiellement stockées dans les cellules graisseuses (adipocytes).

Une perte de poids trop rapide, à l’occasion notamment des régimes hyperprotéinés, libère brutalement une grande quantité de déchets cellulaires que le foie et le système émonctoriel seront incapables de gérer. Des maladies graves, des cancers, sont ainsi survenus dans la foulée d’un tel régime.

Les régimes hyperprotéinés ont d’autres effets qui aggravent le cercle vicieux encrassage-décrassage cellulaire. Ils produisent de nombreux déchets azotés que les reins peinent à éliminer. Les mitochondries tournent trop fort et produisent un excès de radicaux libres. Enfin, ils favorisent une putréfaction intestinale préjudiciable à l’intégrité de la muqueuse, avec production d’aromatases cancérigènes. Qui plus est, le poids perdu est souvent repris rapidement. Au contraire, une perte de poids conduite progressivement sur un organisme préparé sera durable et sans dégâts collatéraux.

Il importe de soutenir le foie, organe centralisateur du métabolisme humain puisque tout ce qui entre et tout ce qui sort passe par lui pour y être purifié ou recyclé. En deux phases successives, il découpe les « sacs poubelle » qui arrivent en sacs suffisamment petits pour être évacués dans les urines ou la bile. Pour ce faire, le foie est un gros consommateur de vitamines B et C, d’oligo-éléments, d’oméga-3 et de magnésium. Des phytonutriments comme le thé vert ou l’ail peuvent l’aider précieusement, ainsi que le monoxyde d’azote (produit à partir de l’arginine).

Le surpoids est souvent associé à une mauvaise circulation (jambes lourdes, extrémités froides, varices). Le tonus veineux qui permet le retour du sang avec les déchets et les molécules usagées ne se fait plus, c’est insuffisance veineuse. La paroi des vaisseaux sanguins est agressée par les radicaux libres et devient poreuse. Elle laisse de l’eau s’infiltrer dans les tissus sous-cutanés et donne l’aspect en peau d’orange caractéristique de la cellulite. Le Ginkgo Biloba et la vigne rouge sont les deux plantes de la circulation, toujours accompagnées des oméga-3.

Relancer l’activité cellulaire

L’excès de déchets dans les adipocytes provoque une réaction immunitaire chronique accompagnée d’une production importante de radicaux libres. Pour les neutraliser, les adipocytes captent une large part des antioxydants normalement dévolus à toutes les cellules de l’organisme. Une cellule qui manque d’antioxydants est incapable de limiter la formation des radicaux libres dans les mitochondries. La transformation des graisses et des sucres en énergie s’emballe et suit des voies métaboliques incorrectes.

Les oméga-3 sont la pièce maîtresse d’un métabolisme efficace :
•    Présents en quantité suffisante, ils assurent la flexibilité de la membrane cellulaire et bloquent les récepteurs à cytokines inflammatoires.
•    Ils limitent la cascade inflammatoire à l’intérieur des cellules (COX-2, IDO, facteurs de transcription NFKB)
•    Ils sont nécessaires au bon fonctionnement des mitochondries qui produisent l’énergie dans les cellules.
•    Dans le sang, ils augmentent le niveau de HDL (transporteurs des graisses excédentaires ou usagées) et empêchent la glycation, fixation d’un sucre sur une protéine qui la rend inutilisable.
•    Ils facilitent le passage des globules rouges dans les capillaires, permettant ainsi une meilleure oxygénation des tissus.

Les oligo-éléments, minéraux présents en très faibles quantité mais indispensables, permettent toutes les réactions enzymatiques et limitent la production de radicaux libres à la source. L’aloe vera, par sa richesse en oligo-éléments fortement biodisponibles, est connue pour relancer remarquablement le métabolisme cellulaire. La vitamine C, le magnésium et la coenzyme Q10 forment la clé de contact des mitochondries pour la libération d’énergie sous forme d’ATP. Le resvératrol favorise la production du glutathion qui neutralise les radicaux libres en bout de chaîne antioxydante.

Il apparaît donc indispensable de nourrir convenablement cette merveilleuse machine qu’est la cellule humaine, avant d’entamer une démarche de perte de poids. Bien souvent, ce travail de nettoyage et de réajustement permet de perdre plusieurs kilos et peut même suffire.

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Diplômé en médecine nutritionnelle et fonctionnelle, formé aux techniques de psychothérapie brève, il exerce en cabinet libéral près d'Orléans. Il anime régulièrement des conférences en micronutrition auprès d’entreprises du secteur santé. Il est l'auteur de trois livres et de plusieurs articles scientifiques.

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