Intérêt des fibres prébiotiques dans la régulation du poids et du métabolisme

Fibres prébiotiques

Les fibres alimentaires solubles, en particulier les fructo-oligo-saccharides (FOS), sont bénéfiques pour l’homéostasie glucidique. Ces fibres sont fermentées par les bactéries intestinales, produisant les acides gras à courte chaîne (AGCC) acétate, butyrate et propionate, substrats de la néoglucogenèse. La néoglucogenèse intestinale induit la satiété et la sensibilité à l’insuline.

L’inuline est un polymère de fructose produit en abondance par certains végétaux, dont le pissenlit, le topinambour, l’artichaut et la chicorée. Les chaînes plus courtes d’inuline sont appelées fructo-oligo-saccharides (FOS). Ce sont des sucres complexes qui ne sont pas digérés par les enzymes humains mais par celles des bactéries du microbiote intestinal, notamment les bifidobactéries qui les utilisent comme source d’énergie. Les FOS font partie des prébiotiques (à ne pas confondre avec les probiotiques qui désignent des bactéries), définis en 1995 par Roberfroid et Gibson comme des « ingrédients alimentaires non digestibles et bénéfiques pour l’hôte suite à la stimulation sélective de la croissance ou de l’activité d’un nombre limité d’espèces bactériennes déjà présentes dans le côlon. »

Les FOS résistent à l’hydrolyse enzymatique au cours de leur transit au long du tube digestif, ce qui leur permet de parvenir intactes au côlon, où ils vont fermenter sous l’action du microbiote. C’est à cette occasion que sont produites de grandes quantités d’AGCC – dont le butyrate – qui font baisser le pH du côlon, limitent la prolifération des bactéries pathogènes et stimulent le transit intestinal. Il est par conséquent judicieux d’accompagner toute prise de probiotiques par des FOS afin de bien nourrir les bonnes bactéries et les rendre plus efficaces.

Les données expérimentales actuelles, chez l’animal et chez l’homme, montrent que les FOS interviennent dans la physiologie des cellules intestinales (production de mucines, immunité, transport ionique, renouvellement) et dans le métabolisme des lipides et des sucres. Au-delà du tractus digestif, les FOS influencent la synthèse des hormones. L’acétate produit dans l’intestin par le métabolisme bactérien suite à l’ingestion de prébiotiques circule dans le sang, parvient au cerveau et modifie l’activité des neurones à GABA, agissant sur le comportement alimentaire notamment.

Il a été démontré que l’inuline et l’oligofructose diminuent l’appétit. Un des moyens de communication des bactéries avec nos cellules sont les acides carboxyliques à chaîne courte qui peuvent se lier à des récepteurs épithéliaux – notamment au niveau des cellules entéro-endocrines – et augmenter la production d’hormones anorexigènes qui améliorent la sensibilité à l’insuline. C’est le cas de la GLP-1, une hormone sécrétée par les cellules L de l’iléon (troisième partie de l’intestin grêle) qui, en réponse à un repas, envoie au cerveau un message de satiété. L’axe intestin-cerveau peut être donc modifié par le microbiote via une communication hormonale stimulée par des prébiotiques.

L’acide lactique est produit par les bactéries Lactobacillus à partir de la dégradation des glucides. Si nous en produisons suffisamment, il est capable de neutraliser les excès d’ammoniac. L’acide lactique garde également à distance les bactéries indésirables et les champignons. D’autres familles de bactéries, en se nourrissant d’acide lactique, vont fabriquer des acides gras à chaîne courte (AGCC) parmi lesquels le butyrate. Celui-ci constitue un nutriment très important pour le renouvellement des cellules de la muqueuse intestinale. Il est prouvé qu’une quantité suffisante de butyrate contribue à prévenir l’hyperperméabilité.

Le butyrate, en temps normal produit de la fermentation des acides gras par la bonne flore, augmente la production de GLP-1. Plus encore, il influence l’expression du gène ANGPTL4, codant pour des protéines de régulation de la lipogénèse, de l’inflammation, de la sensibilité à l’insuline et de la synthèse d’acides gras. Cela signifie donc qu’une modification du microbiote peut impacter la production de butyrate et par ricochet, favoriser ou perturber le métabolisme énergétique. D’où l’intérêt de s’assurer d’un microbiote sain par l’usage concomitant de probiotiques et de prébiotiques. Une étude de juillet 2013 montre une réduction des facteurs de risque cardiovasculaires (poids, masse grasse, profil lipidique) après une supplémentation de 6 à 12 mois.

Vous aimez ce contenu, partagez-leShare on Facebook13Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0Email this to someone

Diplômé en médecine nutritionnelle et fonctionnelle, formé aux techniques de psychothérapie brève, il exerce en cabinet libéral près d'Orléans. Il anime régulièrement des conférences en micronutrition auprès d’entreprises du secteur santé. Il est l'auteur de trois livres et de plusieurs articles scientifiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *